Judit Gaálné Versenyi (Hongrie) ”Journal intime”

SOUVENIR DES PARTICIPANTS
Judit Gaálné
Versenyi (Hongrie)
 


JOURNAL INTIME
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Souvenirs de Judit d’un voyage en Pologne
    


Dimanche, le 13 juin


           Nous sommes dimanche et la nuit la température a baissé de 10 degrés. C’est plus agréable comme ca. Apres 5 heures de voyage, on arrive a Varsovie – batiments modernes des années 50-60. Oui, cette ville a été completement bombardée pendant la guerre. Dérivations a cause de l’innondation de Wisla, mais on arrive enfin au Centre – beau batiment au coeur d’un parc splendide. On nous accueille tres gentiment, nos chambres sont confortables. Il y a meme un fauteuil. Quelques sandwiches, présentation rapide / les femmes roumaines et Gérard sont déja la / et nous partons en ville au concert Chopin.

         Enfin, on part. J’attendais tellement ce voyage, que quelquefois j’avais peur d’en attendre trop. Je m’intéressais au pays et au sujet qui semblait etre un peu insaissable au premier coup d’oeil mais en voyant le programme, j’ai déja quelques idées comment on veut l’approcher.
          Le parc est plein. Les gens assis sur les bancs, sur la pelouse, a coté du bassin, se baignent dans le soleil et dans la musique de Chopin. C’est ainsi qu’il faut habituer tout le monde a la musique. Je suis sure qu’apres cette année de Chopin plus de personnes vont aimer la musique classique et plus d’enfants veulent apprendre a jouer du piano.
          Le soir, on rencontre les autres participants. Je connais seulement Idalina et Julia du Portugal. On est de neuf pays et de trois générations. - Ils sont sympas. J’espere que nous serons amis.









Lundi, le 14 juin

          Le travail commence. Apres la présentation de tout le monde nous écoutons la conférence d’un historien sur l’histoire de la Pologne. C’est logique. Si on séjourne dans un pays, il faut qu’on connaisse ou on est. Il est bien préparé et il parle avec l’enthousiasme du savant et du Polonais . Il se réfere a l’amitié traditionnelle hongro-polonaise – c’est gentil.
          Petit café et le premier atelier commence avec Jolanda, professeur d’université. Elle est super cette femme. Intelligente, dynamique, souriante, pleine d’idée – ces étudiants peuvent etre contents. Nous aussi d’ailleurs. Comme dans le discours historique on a parlé de multiculturalité, nous lisons d’abord une lettre de Montesquieu sur les apparences. Il est interressant de voir un texte du 18e siecle et en arriver a l’actuel. C’est d’autant plus pratique, que cet ancien texte ne provoque personne et tout le monde peut réfléchir sans préjugés. – Je vais essayer d’en parler avec mes éleves de 18 ans. J’espere qu’ils s’y intéresseront.
          Apres-midi on visite la vieille ville de Varsovie. Malheureusement, il fait mauvais il pleut et il fait froid. Malgré l’explication intéressante de notre guide je ne peux pas faire attention. J’ai froid. Pourquoi je n’ai pas apporté un blouson?
          Apres le diner, ca va déja. Nous regardons des récits du film fait de Popilusko. Je pense que les situations extraordinaires créent toujours leurs héros et également des brutes. Je me demande pourquoi il faut tant de victimes pour un changement? Mais c’est une question poétique. Parce qu’on tient au pouvoir.


Mardi, le 15 juin

          Le sujet de ce matin est l’interreligieux. La relation entre les réligions c’est une chose qui devrait etre évidente – mais il ne l’est pas. Combien de personnes – hommes, femmes, enfants sont morts a cause de leur foi pendant l’histoire! Et meme aujourd’hui! Je pense qu’au fond de tous ces conflits on trouve toujours le pouvoir, ce trait de caractere humain qu’on veut etre supérieur de l’autre meme s’il ne l’avoue pas. On parle de la tolérence, mais il ne faut pas tolérer, il faut laisser vivre et prendre en acte qu’on croit ou ne croit pas et qu’on prie de sa maniere.
         C’est un professeur jésuite qui tient la conférence qui est tres enrichissante. Apres, pendant l’atelier nous faisons un jeu de société ou nous devons parler en petit groupe des sujets concernant la religion. Il faudrait essayer ca aussi en classe mais il demande vraiment beaucoup de travail.
           On déjeune. J’aime la cuisine polonaise. Elle n’est pas tres différente de la notre mais il y a plus de légumes, beaucoup de salades. Ils utilisent beaucoup d’aneth. Maja dit le mot polonais et c’est presque le meme en hongrois.
          Apres le déjeuner on se met en route vers la maison natale de Chopin. Alicja fait des mysteres. Quelle surprise allons-nous avoir? C’est un autre concert de piano, mais devant cette jolie maison et dans ce parc qui avait peut-etre inspiré le compositeur. En attendant, je vois plusieurs groupe d’enfant qui viennent visiter la maison avec leurs professeurs . c’est bien ca! Il faut que la jeune génération connaisse les valeurs de sa patrie. Cette fois il fait beau et on est couvert par cette merveilleuse musique. Promenade dans le parc magnifique – tout est romantique ici, rien de regles strictes, ni dans la mélodie, ni dans le jardin. Tout le monde trouve quelques fleurs a photographier, moi des rhododendrons. On est décontracté, paisible, et calme et on se donne au plaisir de cet apres-midi agréable. Nous bavardons sur la terrasse d’un café, nous nous connaissons de plus en plus.
          Le soir, nous voyons le film de Vajda: Katyn.
        A la fin nous quittons la salle sans dire un mot.





       Mercredi, le 16 juin

          A 7 heures du matin, on prend le car et on part en excursion de deux jour. En route, je suis a coté de Julia. Nous parlons beaucoup. Nous avons récemment perdu nos peres . Les coutumes sont différentes mais les sentiments les memes. J’aime bien Julia, nous pouvons parler de n’importe quoi, nous rions beaucoup; il ne faut pas etre pariels pour bien s’entendre. A l’autre coté, Guy plaisante avec Idalina, devant nous, Maria et Bassima discutent longuement.
          Deux heures apres, on s’arrete pour un petit café / Alicja pense a tout. / a un endroit tres exlusif mais un peu eclectique. Tout est fait ici pour attirer les touristes: meubles te décors paysans avec des peintures a vendre sur les murs, moulin et boutique, maison en bois et pierre seche – mais le café est bon.
          On arrive a Oswiecim qui n’est pas égale d’Auschwitz. J’ai déja visité le camp mais je ne me souviens pas de la ville. Il serait intéressant de savoir ce que les habitants avaient pensé de tout ce qui s’était passé pres de chez eux. Comme dans Le grand voyage de Semprun.
          La visite est dure psychiquement. Ce sont des vers des poemes, des scenes des romans et des films qui me tournent a la tete: Pilinszky, le Sans destin de Kertész, La vie est belle de Begnini. Mais aussi le poete hongrois du 19e siecle, Vörösmarty qui a écrit: Dieu a créé l’homme qui est a moitié dieu, a moitié animal, et dans son chagrin, il est devenu gris et vieux.
Ici, on n’est pas fier d’etre homme.
          Il est bon de retourner dans le Centre, manger des champignons et bavarder un peu.
Puis on rencontre le responsable des programmes du Centre: dr Manfred Deselaers. Il s’exprime un peu difficilement en francais, mais il est quand meme tres impressionnant. On sent la profondeur de ses pensées, la responsabilité et la volonté qu’en tant qu’Allemand il offre quelque chose a cette ville, aux Polonais et pour qu’il soit fidele a lui-meme.
Moi, je refuse la culpabilité collective – nous, les Hongrois nous en sommes aussi les victimes.
           Avant de coucher,  nous bavardons avec Amina, Nabia et Zsuzsa.

Jeudi, le 17 juin

           Il fait beau, le soleil brille – c’est mon anniversaire. C’est mon amie Zsuzsa qui me félicite la premiere, puis tout le monde l’apprend, parce qu’Alicja l’annonce dans le car. On va a Cracovie. Apres une journée assez difficile c’est vraiment une fete. Notre guide nous attend une casquette rouge sur la tete, et la visite commence.
J’adore cette ville avec toutes ces églises, ces palais son université qui gardent tant de souvenirs et qui heureusement n’ont pas été détruits pendant la guerre. Mais j’adore aussi ces magasins les cafés et restaurants. Ils montrent que Cracovie n’est pas une ville vitrine, elle est vivante, elle est animée ou les habitants sourient aux touristes et vivent leur vie de tous les jours parmi les décors historiques.
Cathedrales,… vieilles rues,…pianos exposés…caleches
Le guide nous montre le plaque de commémoration du poete hongrois du 16e siecle: Bálint Balassi qui avait beaucoup séjourné ici. Je viens de sa région et mon lycée porte son nom. Je suis contente de le voir.
Je recois des message de ma famille et sur la place du marché Anemaria et Angelica m’offrent un bouquet de fleurs. Elles sont tellement gentilles.
On déjeune dans un restaurant tres élégant: Chimera. Normalement, je n’aime pas les cav es, mais ici on ne se sent pas renfermé. Et le repas… on s’est régalé.
Dans le Vavel, je comprends encore des moments de l’histoire. Palais magnifique … rois… batailles… tapisseries… tombeau de la reine Hedvig…
Nous avons tres peu de temps libre, mais je m’offre de jolies sandales dans l’espoir de ne pas les rencontrer en Hongrie. /Je me suis trompé. J’ai vu les memes dans la vitrine de Balassagyarmat!/ Tout le monde achete de petits souvenirs qui ne servent a rien pour des amis – moi aussi.
On dine dans le restaurant le plus ancien de Cracovie – toujours tres élégant.
Avant, Angélica donne un concert. Elle est tres sérieuse quand il s’agit de musique, elle la fait comme il se doit: elle met une jolie robe, s’incline et elle commence. C’est magnifique!
Apres le diner, on dit adieu a Cracovie, aux remparts, aux tours et aux statues de Jean-Paul. Dans le car les Portugaises chantent des chansons amusantes, Julia traduit en riant. Puis, quand le soleil se couche, on est de plus en plus fatigué et on se tait. Quelle fete! Quelle bonne anniversaire!
        







Vendredi, le 18 juin

          On a un peu sommeil, mais on se met au travail. Le sujet du jour c’est le Pardon. D’abord l’approche scientifique par une psychologue. Apres la théorie, elle raconte plusieurs exemples de sa pratique. Ensuite, Alicja tient sa conférence. Elle qui est toujours présente de sa maniere discrete, a qui on peut toujours s’adresser, poser une question soit littéraire, soit historique ou tout simplement, ou sont les toilettes, elle est maintenant une enseignante bien préparée, sa conférence est vraiment intéressante.
L’atelier nous montre encore une possibilité de l’approche. Chercher des mots qui sont en rapport avec la notion Pardon. Il n’y a pas de conclusion mais il faut réfléchir, et tout ce qui nous pousse /nous ou nos éleves/ a réfléchir, c’est bon.
C’est notre dernier atelier ensemble. Merci, Jolanda!
          L’apres-midi, on va au Musée de Ressurrection de Varsovie. Il est tres bien fait, un musée vraiment moderne, mais c’est déja un peu trop pour moi.
Nous allons de nouveau au centre de la capitale. Il est tout a fait différent de le voir sous le soleil. Une grande photo montre l’image de ce quartier apres la guerre. Il est fantastique que les Polonais avaient reconstruit le centre de ses ruines!
          Le soir, nous connaissons l’histoire d’une femme extraordinaire, Irena Sandler. Quelle chance qu’elle a survécu la guerre et elle a peut-etre pu voir quelques-uns des milliers d’enfants qu’elle avait sauvés.

Samedi, le 19 juin

           On fait le bilan de notre travail. Gérard, Guy et Nabia font des résumés de différents aspects. Apres, on discute.
J’ai regardé tout cela du point de vue du professeur et j’ai toujours cherché ce que je pourrais mettre en pratique pédagogique. Je pense que nous avons beaucoup a faire en rentrant chez nous pour que nous puissions motiver pour le bien cette jeune génération tellement influencable, les futurs adultes qui formeront la société de l’avenir. De temps en temps, j’ai seulement écouté et apprécié la discussion des gens intelligents.
On a énormémément besoin de telles expériences pour pouvoir rester enthousiaste et donner qulque chose de nouveau. Et il faut aussi que quelquefois on soit hébérgé dans „le luxe” d’une chambre a un lit. Combien de stage j’ai fait ou on dormait 4-5 dans une chambre d’étudiant sale sur des lits superposés, douches dans le couloir, sans papier a toilette! Ici en Pologne, je pouvais me sentir comme une personne importante. Je le mérite, non? Ce n’est pas le privilege d’un manager!
          Apres-midi, on visite le chateau de la famille Walewski. Deux jeunes couples sont photographiés dans le beau jardin.
Nous rentrons a Varsovie la derniere fois. Bassima, son fils, Rabi et moi, nous nous promenons dans la rue Krakowske. Les gens vont et viennent gaiement, bien habillés, profitant du fin de semaine. Nous voyons cinq ou six mariages dans les églises. Ce peuple a de l’avenir, ils se marient, ils font des enfants , ils reconstruisent leurs batiments importants. Toutes mes sympathies!
          On rentre et on apercoit la table merveilleusement décorée pour le diner d’adieu. Tout le monde s’habille joliment, Angéla mets ses nouvelles sandales a talons hauts sur ses pieds cassés. Nous remercions Alicja, le personnage le plus important de ce stage pour son travail. C’était une semaine fantastique! Merci Alicja, merci Katarzyna, merci Maya!
Et ce n’est pas encore fini! Angélica, Gérard et Christina nous donnent un dernier concert dans la vieille maison de coté. Notre stage est ainsi encadré de musique.
Apres on mange. Il y a tout: charcuterie, saucisses, fromages francais, salades, fruits. Zsuzsa ouvre les bouteilles de Tokaji qu’elle a apportées.
On parle longuement. Des photos communes, quelques petits cadeaux et on va dormir. Demaine, on se leve tot.




Dimanche, le 20 juin

          Un café, et on dit au revoir a tout le monde. En route! Pour moi, ca fait 10 heures, mais tant pis! Je suis contente du tout. Je me suis beaucoup enrichie pendant cette semaine.
Merci, mes amis, c’est un grand plaisir d’avoir fait votre connaissance!

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